Le Cid, de Corneille
La quatrième de couverture de l'édition que je possède n'étant pas éloquente du tout, voici un résumé fait par moi-même :
Rodrigue et Chimène s'aiment follement, l'un ne vivant que par et pour l'autre. Mais lorsque Don Gomès, le père de Chimène, fait affront à Don Diègue, le père Rodrigue, celui-ci ordonne à son fils de le venger - et donc, selon le code d'honneur de cette époque, de tuer Don Gomès. Rodrigue, déchiré, est forcé d'obéir, au détriment de sa relation avec Chimène.
Mon avis :
Sans aucune hésitation, je déclare que cette pièce est l'un des plus grands chef-d'oeuvres du répertoire théâtral. Le texte est magnifique, quelle merveille ! Je comprends bien mieux à présent l'expression "un choix cornélien". La douleur des protagonistes est fabuleusement bien décrite, avec des mots saisissants.
C'est une pièce inoubliable.
L'histoire elle-même est singulière, la souffrance infligée aux personnages la rend encore plus prenante.
Mes vers favoris :
Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras, qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Œuvre de tant de jours en un jour effacée !
Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d'où tombe mon honneur !
Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?
Et bien d'autres passages encore, mais je ne peux pas tous les citer !