Terrienne, de Jean-Claude Mourlevat
Quatrième de couverture :
Tout commence sur une route de campagne...
Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et... passe de "l'autre côté". Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne.
Mon avis :
C'est une excellente découverte que ce roman ! L'avis de Desirdelire m'avait fait saliver il y a quelques mois, j'ai enfin eu l'occasion de me le procurer... Je ne regrette absolument pas.
L'idée de base est extrêmement intéressante. On est littéralement pris dans le flot de l'histoire, et il est très difficile de s'arrêter avant la fin. Ce roman réussit à changer le point de vue du lecteur, à apprécier les moindres détails, du chant des oiseaux au fait de respirer. Ce roman louange la vie, et c'est revigorant.
L'écriture de Jean-Claude Mourlevat est assez classique (au sens de "pas très originale") mais très agréable à lire, sans lourdeur. J'ai beaucoup aimé le choix qu'il a fait, c'est à dire changer à chaque chapitre de point de vue et de temps. Cela a un effet... comment dire, rafraîchissant sur l'histoire, une espèce de renouvellement continuel qui rend très bien, il n'y a rien à y redire.
J'ai apprécié le côté à la fois très localisé géographiquement et complètement aux antipodes des lieux que l'on peut connaître. Je veux dire que beaucoup de détails géographiques sont donnés : la départementale 8, la place de Jaude à Clermont-Ferrand... J'ai d'autant plus aimé que je connais bien cette région. Et, d'un autre côté, il y a ce monde parallèle, impossible à définir... Desirdelire l'a qualifié de "monde blanc". C'est à prendre au sens premier comme de manière imagée. Mais pour cette dernière, il faut lire le livre pour réellement comprendre...
En revanche, j'ai trouvé un gros défaut à Terrienne : le personnage d'Etienne Virgil. Je ne comprends pas pourquoi Jean-Claude Mourlevat a choisi de le faire intervenir. Au début, il est utile, mais après... Il m'a plus semblé un poids mort qu'autre chose. [Pour ceux qui l'ont lu, n'êtes-vous pas d'accord ? Franchement, pourquoi l'avoir tué ? Parce que ça le fait ? Il n'a servi à rien, et sa mort est, il m'a semblé, complètement infondée. Qu'il soit venu à Campagne ou pas, cela n'aurait strictement rien changé ! A part supprimer quelques paragraphes lors desquels Anne a du remords, qui cassent vraiment le rythme.] Non, vraiment, sur ce point, je pense que l'auteur aurait pu s'abstenir. Etienne est-il le reflet des angoisses de J-C Mourlevat ? Celui-ci affirme que non... Ce qui ajoute encore plus à mon incompréhension.
Voilà, il serait vraiment dommage de passer à côté de ce très bon roman.
...
Bon, après, c'est vraiment un roman adolescent, si vous n'aimez pas ne le lisez pas. (mais attention ! on est bien loin de Twilight !)