Tout doit disparaître, de Mikaël Ollivier

Publié le par Minyu

Quatrième de couverture :

Hugo a suivi ses parents en poste pour quatre ans à Mayotte, petit bout de France perdu au coeur de l'océan Indien. Seul élève blanc de sa classe, il a du mal à s'adapter : les bidonvilles, la chaleur, la façon d'appréhender le monde, les relations amoureuses. Pourtant c'est au retour en métropole que le choc est le plus brutal. Frénésie des soldes, invasion des marques, publicités tapageuses et surconsommation... Au regard de ce qu'il a vécu sous les tropiques, tout révolte Hugo et le dégoûte. Il entre en résistance.

 

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Mon avis :

J'ai lu celui-ci immédiatement après Camille Clarisse, et il m'a autant plu, bien qu'il soit dans un genre bien différent.

Le récit se divise en deux parties (comme dans Camille Clarisse, soit dit en passant) : les quatre année à Mayotte puis, revirement total, le retour en France métropolitaine. J'ai beaucoup aimé cette radicale opposition, et il est intéressant de voir progresser le protagoniste dans deux milieux différents, aux moeurs aux antipodes les unes des autres...

En réalité, je ne garde guère de souvenirs sur la partie à Mayotte ; seulement, ça donne un bon aperçu (autant que je puisse en juger ; je n'y ai jamais mis les pieds) de la vie de là-bas. J'ai aimé voir les efforts faits par Hugo pour s'intégrer (qui sont, au début, inexistants, il faut bien le dire). Cependant, la relation de Hugo avec Zaïnaba m'a énormément troublée ; j'ai assez mal compris qu'il abandonne ainsi toute trace d'amour en reprenant l'avion... Si je ne doute pas de l'amour de Zaïnaba, celui du personnage principal ne m'a vraiment pas convaincue (et il ne convainc d'ailleurs pas non plus son professeur de français).

Mais la meilleure partie du roman, c'est sans aucun doute le retour en France métropolitaine, et la prise de conscience progressive qu'il entraîne. C'est une longue description du monde qui nous entoure, extrêmement troublante parce que véritable. Hugo se met à dénoncer notre société de consommation avec persuasion et l'on est tenté de suivre le même chemin que lui ; pourtant, l'auteur ne se fait pas moralisateur : c'est uniquement à travers les yeux d'Hugo que cette prise de conscience peut se faire (ou se fait) chez le lecteur. Mais il n'y a aucune grande leçon sur l'importance des relations humaines ou l'emprise que les marques ont sur nous. C'est le roman entier qui en est une, et c'est pour cela qu'il restera longtemps dans mon esprit.

C'est un roman-coup de poing, un roman qui fait ouvrir les yeux, un roman qui fait réaliser tous les défauts de notre monde. Et la fin m'a beaucoup marquée : "plus tard, dans ma vie, je veux être un homme libre."

 

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